Petrouchka, c’est toute la magie de la marionnette qui soudain prend vie, avec son lot de charme, d’espièglerie et de maladresse touchante. Stravinsky y déploie un théâtre sonore d’une inventivité folle, nourri de l’audace de ses complices d’origine – Fokine, Benois, Diaghilev – qui avaient rêvé un spectacle brouillant les frontières entre pantins et êtres humains.
On entend encore dans la partition cet esprit avant-gardiste : une foire russe éclate en couleurs vives, les marchands crient, les orgues grincent et parmi la foule surgissent trois marionnettes qui se débattent avec des sentiments trop grands pour elles. Entre humour, rusticité et illusion poétique, Petrouchka reste un enchantement où la fantaisie tourne au vertige.
